Comment ouvrir un coffee shop réussi ?

# Comment ouvrir un coffee shop réussi ?

Le marché des coffee shops connaît une croissance exceptionnelle en France, avec un chiffre d’affaires dépassant les 321 millions d’euros et plus de 3 500 établissements répartis sur l’ensemble du territoire. Cette dynamique s’explique par l’évolution des habitudes de consommation : près de 80% des Français consomment régulièrement du café, mais recherchent désormais bien plus qu’une simple tasse d’expresso. Ils aspirent à vivre une expérience authentique, à découvrir des cafés de spécialité et à profiter d’espaces conviviaux où travailler, se détendre ou échanger. Pourtant, transformer cette opportunité en entreprise rentable exige une préparation minutieuse, de l’étude de marché à la stratégie marketing, en passant par le choix de l’équipement professionnel.

Étude de marché et positionnement stratégique pour votre coffee shop

Analyse de la zone de chalandise et cartographie de la concurrence locale

Avant d’investir dans votre projet, vous devez réaliser une analyse approfondie de votre zone d’implantation. Cette étape détermine la viabilité économique de votre établissement. Commencez par délimiter votre zone de chalandise primaire, généralement comprise dans un rayon de 300 à 500 mètres autour de votre emplacement potentiel. Dans cette zone, identifiez le nombre de résidents, leur catégorie socioprofessionnelle, leurs revenus moyens et leurs habitudes de consommation. Les quartiers étudiants, les zones d’affaires ou les centres-villes historiques présentent des profils très différents qui influenceront directement votre offre.

La cartographie de la concurrence constitue le second pilier de votre étude. Recensez tous les établissements proposant du café dans un périmètre d’un kilomètre : cafés traditionnels, chaînes internationales, boulangeries avec coin café, restaurants et même distributeurs automatiques. Pour chaque concurrent, évaluez leur positionnement tarifaire, leur concept, leur fréquentation aux différents moments de la journée et leur réputation en ligne. Cette analyse révèle les opportunités de différenciation et les niches inexploitées. Par exemple, si votre zone compte uniquement des cafés traditionnels avec un café standard à 1,50€, un positionnement sur les cafés de spécialité à 3,50€ peut séduire une clientèle en quête de qualité.

Définition du concept différenciant : spécialité, third wave ou café de proximité

Votre concept doit répondre à une question fondamentale : quelle expérience souhaitez-vous offrir à vos clients ? Le mouvement de la troisième vague du café (third wave) valorise l’origine des grains, les méthodes d’extraction alternatives comme le V60 ou l’Aeropress, et la traçabilité complète de la chaîne de production. Ce positionnement attire une clientèle d’amateurs éclairés, prêts à payer 4 à 6€ pour un café filtre préparé avec soin. À l’inverse, un café de proximité mise sur la convivialité, des prix accessibles et une offre snacking généreuse pour fidéliser les habitants du quartier.

Les concepts thématiques rencontrent également un franc succès : café-librairie où les clients peuvent consulter des ouvrages, café zéro déchet avec des produits bio et des contenants réutilisables, café-coworking proposant des espaces de travail avec abonnement mensuel, ou encore café-galerie exposant des artistes locaux. Chaque concept possède ses propres codes visuels, son aménagement spéc

visuel et sa promesse client. Plus votre concept sera clair et lisible, plus il sera facile à communiquer dans votre business plan et à vos futurs clients. Évitez les « coffee shops fourre-tout » qui cumulent trop de propositions sans fil conducteur : mieux vaut une offre resserrée mais parfaitement exécutée qu’une carte confuse et difficile à opérer au quotidien.

Identification des personas clients et segmentation comportementale

Une fois votre concept posé, vous devez préciser à qui vous vous adressez. Pour cela, construisez 3 ou 4 personas détaillés, des portraits types de vos clients idéaux : « Alice, 26 ans, étudiante en master, télétravaille souvent en coffee shop », « Karim, 38 ans, cadre pressé qui prend son latte à emporter tous les matins », etc. Pour chaque persona, décrivez son budget moyen, ses horaires de fréquentation, ses attentes en matière d’ambiance, de Wi-Fi, de confort ou encore d’options végétariennes. Cette démarche vous aidera à arbitrer entre plusieurs choix d’aménagement ou de carte.

Allez plus loin en segmentant votre clientèle selon ses comportements de consommation plutôt que seulement son âge ou sa catégorie socio-professionnelle. On distingue par exemple les « nomades digitaux » qui consomment lentement mais restent longtemps, les « commuters » du matin qui achètent à emporter, ou encore les « brunch lovers » du week-end à panier moyen élevé. Chaque segment ne valorise pas les mêmes aspects : les premiers seront sensibles aux prises électriques, les seconds à la rapidité de service, les troisièmes à la générosité des portions. En adaptant votre offre et votre pricing à ces segments, vous optimisez à la fois la satisfaction client et la rentabilité au m².

Benchmarking des enseignes à succès : starbucks, columbus café et concepts indépendants

Le benchmarking consiste à analyser les acteurs qui réussissent déjà sur le marché des coffee shops pour vous en inspirer, sans les copier. Visitez des enseignes comme Starbucks, Columbus Café & Co, Costa Coffee ou French Coffee Shop à différents moments de la journée. Observez leurs flux clients, la disposition du comptoir, les combinaisons produits (boisson + pâtisserie), les supports de communication utilisés et la façon dont les équipes interagissent avec la clientèle. Notez aussi leurs forces mais surtout les irritants potentiels : files d’attente mal gérées, manque de places assises, bruit, etc.

Ne négligez pas les concepts indépendants, souvent à la pointe sur les cafés de spécialité et l’expérience client. Analysez leur storytelling autour du café, leur transparence sur les origines, leurs méthodes d’extraction ou encore leurs événements (cuppings, ateliers barista). Posez-vous une question simple : qu’est-ce qui fait que les clients choisissent ce lieu plutôt qu’un autre à 200 mètres ? Ce travail de comparaison structurée vous permettra de positionner votre coffee shop sur une zone de marché claire, entre standardisation rassurante et singularité forte.

Business plan financier et prévisionnel d’exploitation du coffee shop

Calcul du seuil de rentabilité et prévisions de chiffre d’affaires par daypart

Le business plan de votre coffee shop ne se limite pas à une estimation globale du chiffre d’affaires annuel. Il doit intégrer un calcul précis du seuil de rentabilité, c’est-à-dire le niveau de ventes à partir duquel votre activité commence à générer du bénéfice. Pour le déterminer, additionnez l’ensemble de vos charges fixes annuelles (loyer, salaires, assurances, abonnements, redevances éventuelles) et divisez ce montant par votre marge sur coûts variables (1 − pourcentage des achats matières + consommables, emballages, commissions de paiement). Le résultat obtenu correspond au chiffre d’affaires minimum à atteindre.

Affinez ensuite votre prévisionnel en raisonnant par daypart (moments de la journée) : matin (7h–10h), milieu de journée (11h–14h), après-midi (14h–17h), fin de journée / afterwork (17h–20h). Pour chaque plage horaire, estimez le nombre moyen de clients, le ticket moyen et la répartition sur la semaine. Par exemple, un coffee shop urbain peut réaliser jusqu’à 50 % de son chiffre le matin et le midi en semaine, alors qu’un concept brunch fera son pic le week-end. Cette granularité est essentielle pour dimensionner votre équipe, vos stocks et votre amplitude horaire.

Structure des coûts fixes et variables : loyer, masse salariale, matières premières

Un coffee shop rentable repose sur une structure de coûts maîtrisée. Les charges fixes regroupent principalement le loyer (souvent 8 à 15 % du chiffre d’affaires cible en centre-ville), la masse salariale de base (gérant, baristas permanents), les assurances, les abonnements (logiciel de caisse, musique, alarme), ainsi que les frais administratifs. L’objectif est de garder ces charges fixes à un niveau compatible avec vos prévisions de ventes, surtout les premiers mois où la fréquentation est encore en montée.

Les coûts variables incluent les matières premières (café, lait, pâtisseries, snacks), les emballages à emporter, les commissions des plateformes de livraison, ainsi que l’énergie directement liée à la production. Dans un coffee shop bien géré, le food & beverage cost (coût des matières premières) se situe généralement entre 25 et 35 % du chiffre d’affaires, selon votre positionnement. Pour garder le contrôle, mettez rapidement en place un suivi des fiches techniques de vos recettes et un inventaire mensuel, comme un chef qui pèse chaque ingrédient avant de dresser son assiette.

Plan de financement : apport personnel, prêt bancaire professionnel et dispositifs NACRE

La plupart des projets de coffee shop nécessitent un investissement initial compris, selon l’emplacement et le standing, entre 60 000 € et 180 000 €. Pour financer ce montant, on recommande un apport personnel représentant au minimum 20 à 30 % du budget total. Cet apport rassure les banques et prouve votre engagement. Le reste provient généralement d’un prêt bancaire professionnel amortissable sur 5 à 7 ans, avec éventuellement un différé de remboursement les premiers mois pour laisser le temps à l’activité de monter en puissance.

Ne négligez pas les dispositifs d’aide publics comme le parcours NACRE (Nouvel Accompagnement pour la Création ou la Reprise d’Entreprise), certaines subventions régionales, ou encore l’ACRE et l’ARCE pour les demandeurs d’emploi créateurs. Ils peuvent alléger vos charges de démarrage ou renforcer vos fonds propres. Là encore, un prévisionnel clair et argumenté, appuyé sur votre étude de marché, fait souvent la différence dans la décision d’un banquier ou d’un comité d’aide.

Indicateurs de performance clés : ticket moyen, taux de rotation et food cost

Dès l’ouverture, habituez-vous à piloter votre coffee shop avec quelques indicateurs clés de performance. Le ticket moyen (chiffre d’affaires / nombre de clients) vous renseigne sur votre capacité à vendre des formules et des produits complémentaires. Une hausse du ticket moyen de 1 € sur 150 clients par jour représente déjà 4 500 € de chiffre supplémentaire par mois. Le taux de rotation des places assises (nombre de clients / nombre de sièges) permet, lui, de mesurer votre efficacité d’occupation du local, en particulier sur les créneaux de forte affluence.

Le food cost (coût matières / chiffre d’affaires) doit faire l’objet d’un suivi régulier. Un dérapage de quelques points, dû à un gaspillage non maîtrisé ou à une mauvaise tarification, peut suffire à faire disparaître votre marge. Enfin, suivez aussi le pourcentage de masse salariale (salaires + charges / chiffre d’affaires) : dans la restauration rapide type coffee shop, il se situe souvent entre 25 et 35 %. Ces indicateurs, extraits de votre système de caisse, vous servent de tableau de bord pour ajuster vos horaires, votre carte ou votre politique de prix.

Choix de l’emplacement et négociation du bail commercial 3-6-9

Critères de sélection immobilière : visibilité, accessibilité et flux piétonnier

Choisir l’emplacement de votre coffee shop revient un peu à choisir le terrain d’un commerce de détail : une décision structurante qui ne se corrige pas facilement. Trois critères dominent : la visibilité, l’accessibilité et le flux piétonnier. Une façade visible depuis un carrefour, une station de métro ou la sortie d’un centre commercial augmente naturellement vos chances d’être repéré. Une vitrine étroite dans une rue secondaire peut être adaptée à un concept très niche, mais compliquera vos efforts marketing.

L’accessibilité concerne autant les transports en commun que la possibilité de stationnement à proximité, surtout si vous visez une clientèle de bureaux en périphérie ou de familles. Quant au flux piétonnier, il s’observe sur le terrain : comptez le nombre de passants à plusieurs moments de la journée et de la semaine, analysez la saisonnalité (quartier touristique, zone de bureaux vides en août). Un emplacement légèrement plus cher mais beaucoup plus fréquenté sera souvent plus rentable sur le long terme qu’un local bon marché mais mal situé.

Décodage des clauses du bail commercial et calcul du loyer au m²

En France, la majorité des coffee shops s’installent sous bail commercial 3-6-9, conclu pour neuf ans avec possibilité de résiliation triennale. Avant de signer, examinez attentivement plusieurs clauses : la destination des lieux (doit clairement inclure « restauration, vente de boissons »), la répartition des travaux entre bailleur et preneur, l’indexation du loyer, la présence ou non d’un pas-de-porte ou d’un droit au bail, ainsi que les charges récupérables. Un avocat spécialisé ou un expert-comptable peuvent sécuriser cette lecture.

Le loyer doit se raisonner en loyer au m² et en pourcentage du chiffre d’affaires prévisionnel. En centre-ville, on peut vite dépasser les 400 ou 500 €/m²/an, alors qu’en ville moyenne on tournera plutôt autour de 150 à 250 €/m²/an. En règle générale, gardez en tête que le loyer (hors charges) ne devrait pas excéder 8 à 12 % de votre chiffre d’affaires visé. Si vos calculs vous mènent au-delà, soit le loyer est trop élevé, soit votre potentiel de vente sur la zone est insuffisant, et il vaut mieux renégocier ou chercher un autre local.

Aménagement réglementaire : normes ERP, accessibilité PMR et extraction des fumées

Un coffee shop est classé parmi les Établissements Recevant du Public (ERP), avec des obligations strictes en matière de sécurité incendie, d’éclairage de secours, de signalisation des issues et de capacité d’accueil. Avant d’engager des travaux, vérifiez la conformité des lieux au regard de la réglementation ERP et, si nécessaire, déposez un dossier en mairie (permis de construire ou déclaration préalable). Les contrôles peuvent être exigeants, mais ignorer ces aspects peut retarder l’ouverture de plusieurs mois.

L’accessibilité PMR (personnes à mobilité réduite) est également obligatoire : rampe d’accès si nécessaire, largeur suffisante des portes, circulation intérieure, sanitaires adaptés. Enfin, même si un coffee shop ne cuisine pas toujours « gras » comme un restaurant, l’installation d’une hotte avec extraction peut être indispensable en cas de cuisson (toasts, plats chauds, four mixte). Anticiper ces contraintes techniques dès la recherche du local vous évite de mauvaises surprises de budget et de délai.

Sélection du matériel professionnel et fournisseurs cafés

Machine à café professionnelle : la marzocco, synesso ou victoria arduino

La machine espresso est le cœur de votre coffee shop, l’équivalent du four pour un boulanger. Les marques comme La Marzocco, Synesso, Victoria Arduino ou Nuova Simonelli sont des références dans l’univers des cafés de spécialité. Elles offrent une stabilité de température, une pression constante et une ergonomie adaptées à un service intensif. Le choix du modèle (2 ou 3 groupes, chaudière unique ou multi-boilers, commandes électroniques) doit se faire en fonction de votre volume prévisionnel et de la configuration du bar.

Plutôt que de vous limiter au prix d’achat, raisonnez en coût total de possession : fiabilité, disponibilité des pièces, qualité du SAV local, possibilité de location financière ou de crédit-bail. Une machine haut de gamme bien entretenue peut durer 10 ans ou plus ; la considérer comme un investissement productif plutôt que comme une simple dépense change votre perspective. Et n’oubliez pas : même la meilleure machine ne compensera jamais une mauvaise mouture ou un café mal extrait.

Moulin à café : mahlkönig, mazzer et réglages de mouture pour l’extraction optimale

Si la machine est le moteur, le moulin à café est la boîte de vitesses de votre coffee shop. Des marques comme Mahlkönig, Mazzer ou Fiorenzato proposent des moulins à meules plates ou coniques, avec des réglages micrométriques indispensables pour adapter la finesse de mouture à chaque café et à chaque méthode d’extraction. Un espresso trop acide ou trop amer vient souvent d’une mouture inadaptée plutôt que du café lui-même. D’où l’importance de former vos baristas aux bases de la dial-in (réglage de la mouture, dose, temps d’extraction).

Prévoyez au moins un moulin par type de café (blend maison, café de spécialité invité, décaféiné) afin de garantir la constance du résultat en tasse. Certains coffee shops investissent aussi dans des moulins spécifiques pour les méthodes douces (V60, Chemex, Aeropress), afin de ne pas perturber les réglages destinés à l’espresso. Ce degré de précision peut sembler pointu, mais c’est souvent ce qui distingue un coffee shop premium d’un simple débit de boisson chaude.

Sourcing de cafés de spécialité : torréfacteurs artisanaux et certifications bio, rainforest alliance

La sélection de vos fournisseurs de café conditionne directement la qualité de votre offre et votre storytelling. De nombreux coffee shops travaillent avec des torréfacteurs artisanaux français ou européens, capables de proposer des cafés de spécialité notés 80+ (sur 100) selon les standards SCA. Ces partenaires vous apportent non seulement des grains fraîchement torréfiés, mais aussi des supports de formation, des fiches techniques et parfois une assistance pour construire votre carte.

Les certifications Bio, Fairtrade, Rainforest Alliance ou UTZ répondent aux attentes croissantes des consommateurs en matière d’origine et de durabilité. Toutefois, elles ont un coût qui doit être intégré dans votre pricing. Comme pour un bon vin, n’hésitez pas à proposer plusieurs origines (Éthiopie, Colombie, Brésil, Honduras…) et à faire évoluer votre sélection au fil des saisons. Organiser des sessions de cupping (dégustation comparative) avec vos clients est un excellent levier de fidélisation et d’éducation au goût.

Équipements annexes : vitrine réfrigérée, four mixte et système de caisse tactile

Au-delà du café, un coffee shop moderne nécessite tout un écosystème d’équipements annexes. Une vitrine réfrigérée met en valeur vos pâtisseries et snacks salés tout en respectant la chaîne du froid. Un four mixte ou un combiné four/grill permet de régénérer des plats, gratiner des tartines ou cuire quelques préparations simples. Là encore, l’objectif est de trouver le bon compromis entre polyvalence, encombrement et consommation électrique.

Le système de caisse tactile joue, lui, un rôle central dans votre gestion quotidienne. Il doit permettre l’encaissement rapide de tickets à emporter comme de consommations sur place, la gestion des plans de salle si vous faites du service à table, le suivi de vos ventes par produit, ainsi que l’export comptable. Opter pour une solution moderne, compatible avec les paiements sans contact et les programmes de fidélité, vous fera gagner un temps précieux et vous fournira des données fiables pour piloter votre activité.

Recrutement et formation des baristas professionnels

Profil de compétences : maîtrise du latte art et techniques d’extraction espresso

Un coffee shop réussi repose autant sur ses équipes que sur son concept. Le barista est à la fois technicien, ambassadeur de la marque et animateur du lieu. Lors du recrutement, ne vous limitez pas à l’expérience en restauration : recherchez un profil combinant sens du service, curiosité pour le produit, rigueur opérationnelle et capacité à travailler en rythme soutenu. La maîtrise des bases de l’extraction espresso (ratio, temps d’écoulement, mouture) et du latte art est un plus, mais peut aussi s’acquérir via la formation.

Posez-vous cette question : laisseriez-vous ce barista recommander un café à un client néophyte comme à un amateur averti ? S’il est capable d’expliquer simplement la différence entre un cappuccino et un flat white, ou de proposer une alternative sans lactose adaptée, vous avez déjà un bon indicateur de son potentiel. Gardez en tête que le sourire, la mémoire des habitudes des clients réguliers et la gestion des priorités en rush valent parfois autant qu’un latte art parfait.

Programme de formation interne : SCA coffee skills et protocoles de service

Pour garantir une qualité constante, formalisez un programme de formation interne. Il peut s’inspirer des modules SCA Coffee Skills (Introduction to Coffee, Barista Skills, Brewing, Sensory Skills) en les adaptant à votre réalité. Prévoyez un parcours d’intégration comprenant : connaissance des cafés servis, maîtrise des recettes de base, hygiène et sécurité, utilisation du matériel, mais aussi protocoles d’accueil et de prise de commande. La formation ne doit pas être ponctuelle, mais continue, avec des rappels réguliers et des séances de dégustation en équipe.

Mettre par écrit vos fiches recettes, vos standards de dressage et vos procédures de service (du bonjour au merci) permet de limiter les écarts entre les membres de l’équipe. C’est un peu comme une partition pour un orchestre : chacun peut improviser, mais dans un cadre commun. Ce cadre est d’autant plus crucial si vous développez votre coffee shop en multi-sites ou en franchise.

Gestion planning et optimisation masse salariale selon affluence

La masse salariale représente l’un de vos principaux postes de dépense. Une planification fine des plannings est donc indispensable pour concilier qualité de service et rentabilité. Analysez vos historiques de ventes par créneau horaire (matin, midi, après-midi, week-end) et adaptez le nombre de baristas présents en conséquence. Sur les périodes creuses, limitez-vous au minimum opérationnel ; sur les pics de fréquentation, prévoyez des renforts pour éviter les files d’attente qui découragent les clients pressés.

Une bonne pratique consiste à former tous les membres de l’équipe à plusieurs postes : caisse, préparation des boissons, mise en place, nettoyage. Cette polyvalence vous donne de la flexibilité pour ajuster en cas d’absence ou de surcharge imprévue, comme les journées de forte pluie où tout le monde se réfugie au coffee shop. Suivez régulièrement votre ratio masse salariale / chiffre d’affaires et n’hésitez pas à ajuster vos horaires d’ouverture si certains créneaux ne couvrent pas leurs coûts.

Stratégie marketing digital et fidélisation clientèle

Présence locale sur google my business et avis clients TripAdvisor

Avant même de pousser votre porte, une grande partie de vos futurs clients vous découvriront en ligne. Créer et optimiser votre fiche Google My Business est une priorité absolue : photos de qualité du lieu et des boissons, description claire de votre concept, horaires à jour, menu en ligne, lien vers votre site ou vos réseaux sociaux. Cette fiche vous permet d’apparaître dans les recherches « coffee shop près de moi » et sur Google Maps, un réflexe courant pour les urbains et les touristes.

Les avis clients sur Google, TripAdvisor ou d’autres plateformes influencent fortement la décision de visite. Encouragez vos clients satisfaits à laisser un commentaire, par exemple via un petit message sur le ticket de caisse ou un panneau au comptoir. Répondez systématiquement aux avis, positifs comme négatifs, avec professionnalisme et empathie. Une critique bien gérée peut parfois renforcer votre image, en montrant que vous êtes à l’écoute et prêt à corriger vos erreurs.

Animation des réseaux sociaux : instagram et stratégie de contenu visuel

Pour un coffee shop, Instagram est souvent le réseau social le plus stratégique : visuel, local et très utilisé par les amateurs de café, les étudiants et les jeunes actifs. Construisez une ligne éditoriale cohérente autour de quelques piliers de contenu : mises en avant de vos boissons (latte art, cafés de spécialité), coulisses du torréfacteur, portraits de baristas, annonces d’événements ou de nouveautés, stories du quotidien. La régularité est plus importante que la perfection : mieux vaut publier deux à trois fois par semaine de façon constante qu’une rafale de posts suivie d’un long silence.

Pensez vos réseaux comme une extension de l’expérience en boutique. Le ton, les couleurs, le style de photos doivent refléter l’ambiance de votre coffee shop. Vous pouvez aussi exploiter les reels et les vidéos courtes pour montrer, par exemple, la préparation d’un cold brew ou le montage d’un latte macchiato. En donnant envie visuellement, vous faites déjà vivre une partie de l’expérience, comme une vitrine digitale qui attire les passants dans votre lieu physique.

Programme de fidélité : carte tampon, application mobile ou système de points

Dans un univers très concurrentiel, la fidélisation est un levier clé de rentabilité. Un client régulier qui vient trois fois par semaine pèse bien plus qu’un touriste de passage. Mettez en place un programme simple à comprendre et à utiliser : carte tampon « 9 cafés achetés, le 10e offert », système de points géré via votre caisse, ou application mobile partenaire qui centralise les avantages. L’objectif est de récompenser la récurrence sans complexifier l’encaissement.

Vous pouvez également imaginer des avantages spécifiques pour vos meilleurs clients : réduction sur un sac de café en grains, invitation prioritaire à une soirée cupping, boisson offerte le jour de leur anniversaire. Ces attentions renforcent le lien émotionnel avec votre marque. À l’image d’un bistrot de quartier où le serveur connaît le « café habituel » de chacun, un coffee shop qui valorise ses habitués devient rapidement un lieu de vie incontournable.

Partenariats locaux et événementiation : cupping sessions et ateliers barista

Enfin, pour inscrire durablement votre coffee shop dans son environnement, développez des partenariats locaux et une vraie stratégie d’événementiel. Collaborez avec des commerces voisins (librairies, concept stores, studios de yoga) pour organiser des soirées thématiques, des lectures, des mini-concerts ou des expositions. Proposer des cupping sessions (dégustation comparative de cafés) ou des ateliers d’initiation au latte art un soir par mois permet à la fois de générer un chiffre d’affaires additionnel et de positionner votre établissement comme expert du café.

Ces événements créent du contenu naturel pour vos réseaux sociaux, favorisent le bouche-à-oreille et transforment de simples consommateurs en véritables ambassadeurs. À terme, votre coffee shop ne sera plus seulement un endroit où l’on vient boire un café, mais un repère dans le quartier, associé à des moments de partage et de découverte. C’est précisément cette dimension expérientielle qui fait la différence entre un coffee shop « parmi d’autres » et une adresse que l’on recommande spontanément.

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